La Ministre du Travail a annoncé en mars des ajustements à la réforme de l’assurance chômage
que le
gouvernement porte depuis juillet 2019. La CFDT demeure depuis le début en profond désaccord avec
sa philosophie et ses objectifs premiers :
– Inciter les demandeurs d’emploi – notamment les plus précaires – à reprendre un emploi en
baissant fortement leurs allocations et faire des économies budgétaires.
– Les conditions d’ouverture d’un droit à l’assurance chômage (6 mois) et la dégressivité de 30%
des allocations pour les hauts salaires continuent d’être suspendues, mais restent d’actualité. Pour la CFDT, le maintien des conditions d’entrée dans le régime à 4 mois est indispensable pour permettre à un maximum de personnes d’être sécurisé.
La réforme du calcul de l’allocation (salaire journalier de référence) entrera bien en vigueur
le 1er juillet 2021 avec l’introduction d’un plancher pour en atténuer les effets.


Il faut s’attendre dans les prochains mois à une vague de suppressions d’emploi qui touchera y compris
des salariés ayant été en chômage partiel, en arrêt maladie voire en congés maternité.
S’ils ont la mal chance d’être licenciés après juin, ils auront une mauvaise surprise. Selon une étude
réalisée par l’Unédic, leur passage en activité partielle va réduire leur allocation chômage. En cause : la
modification, le 1er juillet, des règles de calcul du Salaire journalier de référence (SJR).

D’après les premiers chiffrages, 290 000 demandeurs d’emploi auraient une moindre baisse de leur
allocation. Mais le nombre de perdants de la réforme demeure colossal : 830 000 au minimum.
Certains
demandeurs d’emploi, notamment ceux qui connaissent le plus de précarité dans leur emploi, verront
ainsi leur allocation baisser de 250 € par mois (de 900 € aujourd’hui à 650 €).

Cette réforme reste donc pour la CFDT injuste, inadaptée au contexte et déséquilibrée.
Pour les plus précaires, c’est la double peine : non protégés par l’activité partielle en 2020, ce sont les
premiers qui ont subi la baisse de l’activité économique et ont moins de possibilités de retrouver du
travail.
Dans le contexte actuel, en pleine crise sanitaire ce sont près de 3 à 4 milliards d’économies budgétaires
qui se feront sur le seul dos des demandeurs d’emploi.


Pour la CFDT, cette réforme demeure déséquilibrée. Les chômeurs vont voir leur allocation baisser
immédiatement alors que les entreprises de seulement six secteurs se verront appliquer un éventuel
malus mi-2022.


Ces premiers chiffres illustrent une réforme en trompe-l’oeil. Même « aménagée » elle aura des
conséquences désastreuses pour les plus précaires.
La CFDT du Morbihan conteste cette réforme injuste et déséquilibrée et n’aura de cesse dans les
semaines à venir de dénoncer les conséquences concrètes de cette réforme sur le parcours et les
conditions de vie de ces travailleurs, trop souvent invisibles en organisant des actions. La CFDT le redit,
« le chômage n’est pas un choix, et en période de crise qui plus est, notre responsabilité collective, c’est
de protéger tous ceux qui perdent leur emploi ».

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