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LA PRISE de PAROLE DU 30 JANVIER 208

EHPAD et Domicile

Nos Aînés ne doivent pas seulement « vivre … mais exister et être considérés »

Issue de la loi dite d’Adaptation de la société au vieillissement (ASV), adoptée par le précédent gouvernement fin 2015, et d’un décret d’application publié en décembre 2016, la réforme institue un nouveau mode de calcul pour les budgets des Ehpad.

Jusqu’à présent, le budget des maisons de retraite était négocié avec le Conseil départemental et l’Agence régionale de santé (ARS), selon les particularités de la maison de retraite et de ses résidents. Les besoins de prise en charge médicale des résidents, et les besoins en effectifs pouvaient ainsi être pris en compte.

Avec cette loi, la réforme tarifaire va être modifiée. Les conseils départementaux attribueront un budget dépendance moyen entre tous les EHPAD, sans tenir compte des disparités entre les établissements du département, ni de leurs différents statuts, public, associatif ou privé à but lucratif.

Cela se traduit dans tous les EHPAD par une réduction drastique des dotations budgétaires, tout cela alors que l’État a baissé ses dotations aux départements de 11 milliards d’euros ces cinq dernières années, dans le cadre du Pacte de responsabilité.

Nous réclamons de meilleures conditions de travail et de vie en EHPAD et à domicile et disons NON à la marchandisation de nos aînés.

Depuis quelques mois, les Médias évoquent de nombreux conflits dans les EHPAD mais également dans les services d’aide à domicile (SAAD : Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile et SSIAD : Service de Soins Infirmiers à Domicile)

La situation des personnes âgées comme du personnel est alarmante, qu’ils soient en EHPAD ou à domicile.

Les personnes âgées constatent :

– une dégradation des soins (une douche par mois en moyenne, une aide au repas

rapide engendrant des risques de fausses routes et de dénutrition),

– l’absence de soins individuels de confort et de bien-être.

– une rupture du lien social

– des animations a minima

Pour le personnel, nous constatons une détérioration des conditions de travail :

– un personnel en nombre insuffisant

( recours à la contention

12 toilettes par agent/jour, soit en moyenne 14 mn par personne

aide au repas équivalant à une course contre la montre)

– le glissement des tâches

– l’intervention de personnels non-qualifiés

– l’autoremplacement (restriction du temps de repos)

– l’absence d’infirmière(s) la nuit en structure

du matériel vieillissant ou non-adapté

– des locaux non fonctionnels

Alors que les autorités de tutelle (Conseil Départemental et Agence Régionale de Santé) prônent le respect des personnes accueillies, néanmoins nous constatons que nos Aînés sont traités de façon indigne :

Quant au budget, basé sur la dépendance, il est inadapté pour la bientraitance et la prise en charge décente dans les établissements et à domicile.

  • APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) non-augmentée depuis 6 ans

  • Manque de médecin coordonnateur pour l’évaluation des pathologies en structure

Ces insuffisances génèrent une dégradation des soins, des prestations et de la qualité des services favorisant l’hospitalisation et souvent une complication de l’état de santé.

Les personnels aiment leur métier, ont beaucoup de conscience professionnelle et donnent le maximum pour faire au mieux avec le peu de moyens qu’on leur laisse. Mais c’est au prix de leur santé physique et mentale qu’ils remplissent leurs missions. Les troubles musculo squelettiques causent des dommages de plus en plus tôt. Ils sont stressés car conscients de n’avoir pas donné ce que les personnes attendent : du temps pour les écouter, du temps pour les laisser faire à leur rythme, toilette, habillage, repas … tout est fait à la va vite !! Comment ne pas se sentir mal lorsqu’on a conscience de tout cela ? C’est ainsi que l’on crée des risques psycho sociaux !

Les pathologies engendrées sont de moins en moins reconnues comme des accidents du travail ou des maladies professionnelles, quelles perspectives pour ceux que le travail abime ? Quelle réparation de la part d’employeurs, qui n’ont sans doute pas tous les moyens nécessaires pour agir au mieux, mais qui pour un grand nombre n’ont pas alerté les décideurs de l’impact de leurs décisions !! Où est leur responsabilité quant à la sécurité de leurs salariés ?

A domicile le constat est le même. S’y ajoute le manque de reconnaissance et d’attrait pour ces métiers : les salarié(e)s sont minutées et un bip sur le portable les rappelle à l’ordre si elles dépassent le temps prévu. Les temps de déplacements ne sont pas pris en charge ! Elle gagne des salaires très faibles, engendrant de la précarité et ne reconnaissant pas la valeur de leur travail, ce qui n’encouragent pas à rejoindre ce secteur. Le Conseil Départemental a une grande responsabilité.

Pour l’avenir, les perspectives budgétaires ne laissent pas entrevoir la plus petite amélioration ! Les Politiques s’engagent sur des annonces d’EHPAD à domicile, de domicile partagée et de bénévolat.

Il est écrit dans le PRS (Projet Régional de Santé) 2018-2022 : « prendre soin de ceux qui nous soignent ! » Nous sommes bien d’accord mais, compte tenu de redéploiement de moyens, de réorganisation et non de recrutement, comment faire !

NOS REVENDICATIONS

Nous souhaitons des améliorations pour le personnel, à savoir :

  • des salaires décents pour tous les personnels, une augmentation des rémunérations,, des perspectives professionnelles, des carrières (conformément aux Conventions collectives et au Statut des Fonctions Publiques Hospitalière et Territoriale)

– l’embauche de personnels qualifiés

– un quota d’un personnel par résident (conformément au Plan Solidarité Grand Age)

Ceci permettrait de proposer à nos Aînés une prise en charge respectueuse de leur dignité, de leur choix de vie et de leur autonomie par du personnel qualifié, disposant du temps nécessaire pour travailler efficacement et sereinement.

  • La prise en charge de chaque km effectué par les salariés du maintien à domicile

Le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans va tripler d’ici à 2050, c’est formidable ! Mais, dans quelles conditions voulons-nous vivre plus longtemps ? Alignés autour d’une salle commune en attendant que les heures passent faute de personnel pour s’occuper de nous ? Qui peut souhaiter ça ?

Madame la ministre de la santé et des solidarités a trouvé admirable l’investissement des bénévoles dans un EHPAD qu’elle a récemment visité en BRETAGNE, ça aussi c’est formidable le bénévolat, nombre d’entre nous ont ce type d’activité mais pas à la place de professionnels ! Une personne âgée en institution y arrive désormais très dépendante physiquement et ou psychologiquement et sa prise en charge ne peut être confiée raisonnablement à des bénévoles !

Qu’en est-il de la charte régionale signée par la CNSA (Caisse Nationale Solidarité Autonomie), l’Etat, le conseil régional de Bretagne, les conseils départementaux bretons, Pôle Emploi, le Organismes Paritaires Collecteurs Agréés ?

Etaient prévues la professionnalisation et la qualification des intervenants à domicile et des encadrants.

Quant au Plan Boorlo de 2005, il prévoyait la création de 500 000 emplois en 3 ans, et la mise en place d’une législation pour encadrer le secteur des services à la personne. Il n’en est rien. Ces objectifs ne sont pas atteints et le cap est modifié !

Les budgets doivent être élaborés selon les besoins de nos Aînés.

Nous constatons une baisse des dotations et parallèlement un allongement de la durée de vie ainsi qu’une augmentation de la dépendance.

Par ailleurs, la prise en charge de l’autonomie ne doit-elle pas relever d’une branche de la Sécurité Sociale et d’un droit universel à compensation ?

Nous demandons l’abrogation des dispositions législatives relatives à la réforme de la tarification des EHPAD, contenues dans la loi du 28 décembre 2015 ainsi que le retrait des décrets d’application

Pour illustrer nos propos nous pouvons vous citer l’exemple de l’EHPAD de GUILLIERS qui relève de la Fonction Publique Territoriale.

Depuis 2014, le Conseil Départemental, l’ARS et la Préfecture ont été alertés sur de nombreux dysfonctionnements qui ont été relayés par la Presse.

C’est ainsi qu’un membre du personnel indique : « nous avons peur de devenir des maltraitants actifs par manque de moyens »

Et qu’un enfant de résident s’exprime : « il est arrivé que mon papa, très dépendant, n’ait pas de douche pendant un mois et demi. C’est aberrant ! »

Une inspection de l’ARS a été diligentée suite à des décès ainsi qu’à de nombreuses chutes (plus de 400 chutes recensées au cours de l’année 2015).

9 plaintes d’agents contre la collectivité employeur ont été déposées.

Le personnel fait part de sa souffrance physique et morale qui génère de nombreux arrêts de travail, des glissements de tâches et désorganise les services.

La grogne monte mais les difficultés sont toujours, à ce jour, non-résolues.

D’autres exemples dans les EHPAD morbihannais (BUBRY, LE FAOUET …) peuvent être cités.

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